Une exploitation forestière écoresponsable ?

L’AGAM se questionne sur la stratégie forestière en Minganie

Havre-St-Pierre 5 décembre 2013
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L’AGAM se questionne fortement au sujet de la stratégie forestière en Minganie. Pour l’association, il n’est pas acceptable de ne produire que du bois brut (ni plané, ni séché) et de n’utiliser que 50% de la matière ligneuse dans l’exploitation forestière entourant le chantier La Romaine. Dans cette opération, la Minganie perd sa forêt… et des emplois !

Déjà en 2008-2009, lors des consultations publiques qui ont précédé le début du chantier La Romaine, plusieurs intervenants minganois avaient rejeté tout scénario d’exploitation forestière n’incluant que la première transformation du bois. Malgré tout, Produits Forestiers Innus – PFI (Rémabec, en partenariat avec le Conseil de de la Nation Innu de Nutashkuan) a obtenu d’Hydro-Québec le droit de coupe privilégiée dans les bassins en ne s’engageant qu’à mener la première transformation du bois à la scierie de Rivière-Saint-Jean. Non seulement l’exploitant ne paie que de faibles redevances pour le bois, mais en plus Hydro-Québec s’est jusqu’ici engagée à payer à PFI la somme totale de 43 399 733 $ pour les deux premiers bassins, soit 34 124 710 $ (octobre 2010 à mars 2014) pour qu’il récolte le bois de Romaine-2 et 9 275 023 $ pour Romaine-1 (novembre 2013 à novembre 2014).

Pour l’AGAM, le passé ne peut être refait, mais il faut impérativement veiller à modifier les paramètres futurs afin que l’exploitation forestière du territoire minganois soit à la fois écoresponsable et plus rentable pour la région. Conséquemment, l’AGAM supporte la MRC de Minganie dans sa démarche visant à refuser tout droit de coupe sur le territoire minganois sans qu’il y ait au minimum le séchage et le planage du bois; opérations qui sont actuellement menées dans d’autres installations appartenant à Rémabec.

Selon Joël Malec, président de l’AGAM, « il faut aller plus loin en obligeant tous les exploitants forestiers majeurs à proposer des solutions impliquant la 2ème et la 3ème transformation du bois ». Monsieur Malec explique aussi que « plus de 50% de la matière ligneuse – soit les branches, les rejets de scieries, les têtes d’arbres – restent au sol ou sont carrément brûlées, ce qui constitue une véritable tragédie. Il y a moyen de valoriser cette matière tout en créant des emplois en Minganie ». Le président de l’AGAM complète en expliquant que « toutes sortes de stratégies sont appliquées partout dans le monde, particulièrement en Europe du Nord. On y développe des marchés novateurs, tant dans la création de sous-produits du bois que dans la valorisation de la biomasse. »

Précisons que cette position de l’AGAM ne concerne pas seulement l’exploitation forestière dans le cadre du chantier La Romaine, mais toute exploitation forestière d’envergure à être éventuellement menée en Minganie.

Source et information : Guy Bouchard, chargé de projet, AGAM Tél : 418 553-9008; courriel : conradguyb@hotmail.com