Assez c’est assez !

L’AGAM réagit au dossier de la main d’œuvre – secteur Construction – dans les grands chantiers

Havre-St-Pierre 27 février 2014
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En matière de main d’œuvre, comme dans bien d’autres domaines, l’AGAM dresse un portrait déplorable des grands chantiers sur le territoire nord-côtier : Plus de la moitié des travailleurs sur nos chantiers, parfois plus des deux-tiers, proviennent de l’ensemble du Québec, alors que des centaines de travailleurs nord-côtiers – qualifiés, expérimentés et compétents – sont toujours sans emploi. En accord avec la position de nombreux élus nord-côtiers, l’AGAM affirme de manière non- équivoque son opposition aux pratiques actuelles : Assez c’est assez !

Voilà qu’après la réalisation de plus de la moitié du chantier La Romaine, la situation semble s’être cristallisée, au vu et au su de la classe politique québécoise et canadienne. Certains entrepreneurs – ils ne sont pas tous à mettre dans le même sac – se foutent éperdument de la région d’accueil et amènent avec eux 75%, 90% et parfois 100% de leur main d’œuvre avec eux. Pendant tout ce temps, le Gouvernement (qu’il soit libéral ou péquiste) se cache derrière le contexte législatif et règlementaire… et le saccage continue de plus belle.

À l’image de bien d’autres sources d’information depuis plusieurs années, la Commission Charbonneau permet actuellement de comprendre de quelle manière la Minganie et la Côte-Nord sont spoliées de leurs ressources naturelles, sans même que les travailleurs locaux et régionaux réussissent à gagner leur pain. La situation est grave, même tragique. Aujourd’hui, c’est la Côte-Nord qui se fait piétiner avec les chantiers sur La Romaine et les minières… demain, ce sera la Gaspésie avec le chantier de Port-Daniel, et puis cela continuera.

En accord total avec de nombreux élus et leaders nord-côtiers, l’AGAM se lève aujourd’hui pour dire « Assez c’est assez ! » Joël Malec, président de l’AGAM affirme « N’acceptons pas, comme société québécoise, que les travailleurs nord-côtiers n’aient pas un accès prioritaire aux chantiers se déroulant sur leur territoire ».

Aujourd’hui, il ne s’agit pas d’une question de principe ou d’une question d’honneur. Pour Joël Malec, « il s’agit d’une question de survie, de la survie d’une région qui contribue à l’essor économique du Québec tout en subissant un déclin de son niveau de vie ». L’AGAM interpelle la classe politique québécoise pour qu’elle agisse prestement, avec courage, en allant au-delà de toute commission parlementaire ou comité de travail… Dans 4 ans le chantier sera fini, dans 1 an de nombreux travailleurs auront quitté la Minganie, à la recherche de travail dans d’autres régions du Québec, alors que le plus grand chantier en Amérique du Nord s’y déroule.

Source et information : Guy Bouchard, chargé de projet, AGAM Tél : 418 553-9008; courriel : conradguyb@hotmail.com